Algérie: l'armée chargée d'intervenir dans les émeutes ethniques de Ghardaïa, Ouargla et Adrar

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune,et le chef d’état-major de l’armée algérienne Saïd Chengriha, ont demandé discrètement à l'armée d'intervenir dans le conflit ethnique qui enflamme la wilaya de Ghardaïa.


Le gouvernement algérien a chargé l'armée et la justice de mettre fin aux violences entre Arabes et Berbères dans la région de Ghardaïa, dans le sud, qui ont fait des dizaines de morts et blessés ces derniers jours.


Ghardaïa et Adrar se joignent à Ouargla. Les habitants de ces wilayas expriment leur ras-le-bol quant à la marginalisation du Sud. Émeutes et affrontements entre habitants et policiers dans plusieurs villes, tandis que le pouvoir maintient sa politique de fuite en avant.
Ghardaïa et Adrar se joignent à Ouargla. Les habitants de ces wilayas expriment leur ras-le-bol quant à la marginalisation du Sud. Émeutes et affrontements entre habitants et policiers dans plusieurs villes, tandis que le pouvoir maintient sa politique de fuite en avant.

Manifestations, blocages de route et affrontements, auxquels participent essentiellement des jeunes chômeurs, continuent. A Berriane (Ghardaïa), incendie de plusieurs bâtiments publics dans la nuit de jeudi à vendredi. Affrontements également à Rouissat (Ouargla).


Barricades de pneus, de brouettes et d'objets divers, locaux commerciaux, maisons et véhicules incendiés: la ville de Guerara portait les stigmates des affrontements des jours précédents.


Ghardaïa et Adrar se joignent à Ouargla. Les habitants de ces wilayas expriment leur ras-le-bol quant à la marginalisation du Sud. Émeutes et affrontements entre habitants et policiers dans plusieurs villes, tandis que le pouvoir maintient sa politique de fuite en avant.

Affrontements, émeutes et des édifices publics incendiés par des jeunes manifestants en colère et rongés par une profonde rage contre l’indifférence des autorités locales face à leur détresse quotidienne. Ces scènes poignantes ont marqué la longue nuit du jeudi au vendredi de plusieurs localités et villes des wilayas du sud algérien. Durant cette nuit, les émeutes ont redoublé d’intensité dans plusieurs "wilayas" confirmant ainsi ce que redoutaient plusieurs observateurs il y a de cela quelques jours : les contestations violentes contre le chômage, la précarité et la mal-vie se sont répandues à une grande partie du sud algérien.


Les scènes les plus violentes ont été observées à Ghardaïa où des émeutiers à Berriane ont brûlé le siège de l’APC et incendié plusieurs équipements publics ainsi que des véhicules. Il aura fallu que les forces anti-émeutes interviennent de la manière la plus musclée pour disperser les émeutiers. Les affrontements ont duré jusqu’à une heure tardive de la nuit et plusieurs blessés ont été déplorés des deux côtés. Et comme depuis le début de cette crise sociale au sud du pays, les autorités algériennes refusent de faire le moindre commentaire et de donner des informations sur les dégâts et les victimes de ces violences.



A Ouargla, point de départ de ces vagues protestations sociales violentes, la ville a été secouée par une nouvelle nuit d’affrontements opposant les jeunes manifestants originaires du quartier populaire de Mekhadma, en plein cœur de la ville de Ouargla, aux forces anti-émeutes. A Aïn Beida, une autre commune de la wilaya d’Ouargla, des violentes manifestations ont plongé également le centre de l’agglomération dans un terrible climat de tension.


Plus au sud, à Illizi, des dizaines de jeunes émeutiers ont affronté durant la nuit du jeudi au vendredi les forces anti-émeutes. Des témoignages publiés sur les réseaux sociaux ont illustré la violence de ces affrontements et des sources locales affirment que les jeunes de la région sont de plus en plus remontés contre la répression illimitée des services de sécurité contre des rassemblements qui commencent au départ pacifiquement mais qui tournent aux affrontements lors des interventions brutales des forces de sécurité.


A El-Oued, une autre ville importante du sud-est algérien, la nuit a été ponctuée par plusieurs mouvements de protestations au cours desquels des jeunes émeutiers ont érigé des barricades et bloqué plusieurs routes de la ville. Ensuite, cette vague de protestation a déferlé sur Laghouat, une autre wilaya stratégique du sud algérien.


Les jeunes de Laghouat ont manifesté hier jeudi soir dans les rues en brûlant plusieurs pneus sur des axes routiers importants de l’agglomération. Les jeunes chômeurs de Laghouat affirment ainsi leur ferme adhésion à ce large mouvement de protestation qui s’est déclenché il y a de cela 9 jours dans les wilayas du sud. Et face à cette vague de protestations populaires contre le chômage et la mal-vie, aucune délégation gouvernementale n’a été dépêchée depuis Alger pour tenter de proposer des solutions concrètes à la détresse des jeunes des régions du sud. Les autorités algériennes se contentent uniquement de la réponse répressive au risque d’alimenter un dangereux embrasement général.


Le Centre européen pour la paix et la résolution des conflits met en garde les autorités algériennes sur les répercussions du recours à la force pour faire face aux problèmes sociaux de la population du sud