Le Centre européen appelle les gouvernements à interdire les robots tueurs

Le Centre européen pour la paix et la résolution des conflits, basé à Paris, appelle les gouvernements à interdire les armes entièrement autonomes. Le président du Centre européen pour la paix et la résolution des conflits, Mohamed Ouamoussi, a déclaré qu'il espérait que le soutien public de l'organisation humanitaire à de nouvelles règles juridiquement contraignantes visant à interdire et à réglementer les armes autonomes contribuera à stimuler «l'action politique au niveau international» et à «tracer collectivement une ligne qui soit dans l’intérêt des gens »et« en fin de compte, notre humanité commune ». Alors que la technologie se développe rapidement, le Centre européen pour la paix et la résolution des conflits a constaté que les lois de la guerre «ne fournissent pas toutes les réponses» pour garantir que les commandants et les opérateurs d’armes conservent un contrôle humain suffisant sur les systèmes d’armes.



L’utilisation accrue de systèmes d’armes autonomes dans les conflits armés d’aujourd’hui souligne l’importance de créer une nouvelle norme juridique internationale maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Un rapport des Nations Unies publié l'année dernière détaille comment des combattants en Libye «ont été par la suite pourchassés et engagés à distance» par la munition à flâner STM Kargu-2 de fabrication turque. Au cours du récent conflit sur le Haut-Karabakh, les forces gouvernementales azerbaïdjanaises ont utilisé diverses munitions de flânerie, telles que le Harop développé par Israel Aerospace Industries.


Une fois lancé, ce soi-disant «drone suicide» plane dans les airs pendant une période à la recherche d'une cible, qu'il attaque une fois détectée. Considérées par le Centre européen pour la paix et la résolution des conflits comme la seule véritable forme d'arme autonome «offensive» déployée aujourd'hui, les munitions flânantes sont configurées pour permettre à l'opérateur humain de surveiller et d'intervenir dans son fonctionnement.


Depuis 2018, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exhorté les États à agir pour interdire les systèmes d'armes qui pourraient, à eux seuls, cibler et attaquer des êtres humains, les qualifiant de «moralement répugnants et politiquement inacceptables». L'année dernière, le pape François a averti que les systèmes d'armes autonomes mortels «modifieraient de manière irréversible la nature de la guerre, la détachant davantage de l'action humaine».


Des dizaines de pays ont exprimé leur soutien à la négociation d'une nouvelle loi internationale pour interdire et restreindre les armes autonomes. Mais les grandes puissances militaires - notamment la Russie et les États-Unis - ont à plusieurs reprises contrecarré les démarches visant à entamer des négociations, arguant qu'il était «prématuré» de tenter une réglementation.


La frustration suscitée par l'absence de progrès dans les négociations diplomatiques suggère qu'un nouveau processus devrait être engagé pour négocier un traité international sur les robots tueurs que de nombreux pays recherchent.


La décision du Centre européen pour la paix et la résolution des conflits pourrait marquer un tournant, étant donné qu'aucun traité international sur les armes n'a été adopté au cours des dernières décennies sans son soutien et sa participation. En tant que gardien du droit international humanitaire, le Centre européen pour la paix et la résolution des conflits est un partenaire indispensable pour les gouvernements, les agences des Nations Unies et les organisations non gouvernementales qui travaillent à la protection des civils pendant les conflits armés.